D'un vague remous du corps
Elle avalait le sillage
De l'envie sans les remords
Des matelots de tous âges
Elle flottait nue dévoilée
Offrant aux regards mouillants
Vers les rivages éthérés
Son arrière bien avenant
Sa peau chantait les voyages
De l'abandon en tous sens
Aux nuits d'amour en nage
Jusqu'aux marées de laitance
Entre ses cuisses un gouffre
Maelström qui n'aspire
Qu'à faire de ceux qui souffrent
Poissons noyés de plaisir
Bouche humide à tous vents
La dérive de la brume
Dévorait l'âme des chalands
Et la mousse en écume
Si ce n'était yeux rebelles
Phares de lumière noire
La houle aurait dit d'elle
Vois ton ultime espoir
" La dérive "