L'enfer c'est les autres plantait ses crocs invisibles dans le cerveau de J obsession égocentrique qui le poussait à deviner les contours de son image au fond de l'iris de chaque rencontre J aimait A et A ne lui rendait pas ou si peu cette déconvenue sentimentale plaçait J devant une problématique insurmontable CHANGER LA REALITE un soir de Mars J emmena A sur ses épaules et la coucha encore endormie par les cachets sur un tapis d'herbe A était plongée dans un sommeil lourd et n'avait aucunement conscience d'être allongée parallèlement au bord d'une falaise situé à sa gauche J quant à lui patientait assis en tailleur la distance entre le vide et la jeune femme s'évaluait à 30 cms et J observait son amour en ayant sciemment laissé un espace de 1 m environ afin d'être dans l'incapacité absolue de sauver A si celle ci bougeait du mauvais côté cette mise en situation symbolique inventée par le cerveau dévasté de J avait le mérite de placer le destin ou le hasard en juge suprême et d'éloigner les méandres sentimentaux de l'esprit car pour J A méritait la mort si elle s'éloignait de lui ne serait ce que par un mouvement de retournement inconscient à l'inverse J voyait dans un déplacement salvateur de son petit coeur d'amour comme il l'appelait toutes les promesses d'un bonheur à deux aussi lorsque A tomba sur les rochers de granit J pensa qu'il avait rêvé en effet deux minutes trente secondes s'écoulèrent avant qu'il ne se décida à regarder dans le vide où s'affichait le corps éclaté de son petit coeur d'amour qui évidemment ne battait plus J ne distinguait pas la couleur du sang dans la semi obscurité mais en revanche il apercevait clairement une nouvelle problématique insurmontable ACCEPTER LA REALITE