Les mouvements des armées française et russe au cours de la retraite de Moscou au Niémen ressemblent au jeu de colin-maillard lorsque l'on bande les yeux aux deux joueurs et que l'un d'eux agite de temps en temps une clochette pour avertir de sa position celui qui doit l'attraper. Au début, celui qu'on attrape sonne, sans craindre l'adversaire, mais quand il se voit en fâcheuse posture, il fuit son adversaire en tâchant de ne pas faire de bruit et souvent, croyant l'éviter, se précipite droit dans ses bras.
Tolstoï, Guerre et Paix.