Parvenu à l'âge de 40 ans ses yeux s'ouvrirent en direction des terres qu'il avait foulé chemins d'autoroutes ou de cailloux tranchants corps de femmes aux cheveux multicolores sourires carnassiers ou bien emprunts d'une douceur romantique sa mémoire lui distillait des souvenirs déchets désormais non-comestibles putréfiés empaillés cependant les idées d'antan cette conception du monde conçue dès l'enfance lui restait familière et lisible " peut-être la moitié de ma vie... " aucun brin d'optimisme n'avait pu imprégner son mental non simplement une forme de lucidité positive qui lui servait de carburant " et maintenant ? " regard vers l'avenir où sur des horizons s'étendaient des brumes indécises écroulées sur des formes mornes et plates transpercées de visages familiers inconnus oui il fallait continuer le périple vivre encore mots à la résonnance impérieuse et prédicatrice alors reprenant la posture du marcheur il posa son pied gauche sur la nouvelle terre et son voyage en direction du néant continua de façon presque naturelle.